Terre promise – P. Arnaud

Sorti au début du mois de janvier, ce livre est un One Shot qui m’a été envoyé par les éditions Sarbacane. C’est la première fois que je lis un roman de Philippe Arnaud.

TWcertains de ces sujets sont récurrents. D’autres sont rapidement abordés ou seulement cités de loin (ou sous-entendus). Dans le doute, je vous ai listé tout ce que j’ai pu – : utilisation du n-word, pédophilie, viol, esclavage, violence physique et verbale, racisme, proxénétisme, morts humaines et animales, guerre.

Résumé : 1870, New Hope, un trou paumé du Kansas. Lorsque Jim Lockheart y retrouve la trace de l’homme qu’il traque depuis plusieurs années, il découvre deux choses qui font horreur à son coeur de sudiste raciste et plein de fureur : une femme shérif et un barman noir. Mais sa quête de vengeance le retient là. Lui, le soldat de la guerre de Sécession, lui qui a mené la vie dure aux esclaves de sa plantation, n’imagine pas une seconde que sa haine et son mépris puissent être percés à jour par la belle Ellen comme par le débonnaire Louis. Il imagine encore moins qu’ils puissent déverrouiller son coeur fermé à double tour. Pourtant, lorsque le chasseur de primes Wild Blood, qui sème la terreur partout où il passe, s’abat sur New Hope, Jim se voit forcé de choisir entre les démons de son passé et ce dont il n’osait plus rêver depuis longtemps : un chemin possible. Une terre promise.

Lorsque j’ai réceptionné ce roman et que j’ai commencé ma lecture, je suis tombée sur quelque chose qui m’a fortement perturbé. En effet, pour coller au caractère fortement raciste et rétrograde d’un des personnages, l’auteur utilise le n-word à de trop nombreuses reprises. J’ai vraiment eu du mal à continuer ma lecture lors du premier constat. Je peux comprendre qu’on veuille se rapprocher de l’époque et qu’on fasse son possible pour entrer dans la peau du personnage. Toutefois, il y a certaines limites à mes yeux.

On parle aussi des communautés Autochtones, appelées ‘Indiennes’ avec le lot de clichés qui va avec, notamment sur les prénoms choisis. Ils restent assez excentrés du récit et n’interviennent que peu, finalement.

Autre difficulté durant ma lecture, qui n’a pas de rapport avec l’outrage précédent, ce sont les bonds dans le temps. On en fait sans arrêt. Il n’y a pas un chapitre où l’on retourne dans le passé ou dans le présent. Des allers-retours incessants, qui peuvent rapidement et facilement nous perdre si on ne fait pas attention. De plus, cela jongle aussi entre les divers personnages. Ellen, Louis, Jim, Wild Blood… on alterne entre eux et bien que cela soit bien indiqué en début de chapitre, c’est quand même galère à suivre. Néanmoins, les fils finissent par se croiser et se rejoindre. On en apprend davantage sur le passé de chaque personnage et sur ce qui les a conduit à la situation actuelle.

La plume de l’auteur reste sympathique et entrainante, il sait donner le ton et pousser le lecteur à la consommation. On arrive finalement assez bien vers la conclusion de ce livre de 280 pages, mais subsiste dans ma tête un certain flou que je n’arrive pas à rendre net. Quel est le mot final ? Apporte-t-on quelque chose avec cette lecture ? Que dois-je en conclure ?

Ce roman ne m’a pas transcendé comme je l’espérais. Le vocabulaire est cru, typique de l’époque, de même que la façon dont sont traitées les personnes racisées, les femmes et les communautés autochtones. Il n’empêche que c’est quelque chose qui a su me mettre mal à l’aise tout au long du récit. C’est peut-être voulu, pour dénoncer l’Amérique raciste, sexiste et intolérante. On le ressent parfaitement, cette peur de l’étranger quand aucun ne vient réellement de cette terre en dehors des autochtones… Ceci a le mérite de faire réfléchir. De plus, c’est un western, la promesse est bien tenue. Chasseur de prime, galopade dans des lieux déserts, bousculades au saloon.. On est sans nul doute dans une véritable caricature telle qu’on l’imagine.

Je ne suis pas certaine d’avoir trouvé une véritable évolution dans la mentalité de Jim, ni même d’avoir su lui trouver une quelconque excuse pour le rendre attachant. Il est violent, mesquin, se croit tout permis et il est méprisable. Certes il a été éduqué dans cet environnement, dans la haine de l’autre et la suprématie de l’homme blanc. On lui a toujours expliqué qu’il était le plus fort, malgré ses erreurs qu’on pardonne somme toute bien facilement…

Helen me semblait un peu plus carrée, mais certains aspects de sa personnalité détonnaient un peu, à mes yeux. Elle a de l’équilibre, du répondant, elle sait se faire respecter, mais elle flanche aussi sur des côtés où je l’avais imaginé autrement.

Louis reste sans doute le personnage le plus impersonnel de l’histoire. On parle très peu de son histoire, on le laisse dans l’ombre tout en lui donnant une place de héros. C’est un personnage intelligent et construit, humain et altruiste, que j’aurais aimé voir davantage mis en avant.

Ma chronique, tout comme ma lecture, s’achève donc une note transitoire. Je ne sais pas comment évaluer ce que j’ai lu. J’imagine que cela dépend de la sensibilité du lecteur et de sa position vis à vis de ses propres limites. C’est la représentation d’une époque qui n’a rien de glorieux mais tout de honteux et on le sent, on le voit, peut-être même plus encore aujourd’hui. Ce roman peut donc peut être pousser la réflexion plus loin encore chez les adolescents ou les jeunes lecteurs, mais je le trouve parfois un peu sanguin, un peu cru et violent pour être mis entre toutes les mains.

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