Fille à vendre – D Bélice

Hey ! J’ai découvert ce livre à l’occasion de la Masse Critique Babelio et je pense que je n’aurais jamais entendu parler de cette histoire sans cela. Je remercie d’ailleurs la Masse Critique ainsi que la maison d’édition pour l’envoi de ce livre.

Fille à vendre, c’est une histoire dure et brute qui se passe au Canada. Pour vous faire une idée des thèmes abordés ici, je vous laisse le résumé :

Leïla est une jeune fille de quinze ans. Avec de grands rêves. Avec des espoirs. Avec des envies de liberté. Mais par-dessus tout, elle souhaite trouver l’amour, le vrai. Bref, Leïla est comme toutes les autres filles de son âge.

Du jour au lendemain, elle voit son quotidien paisible s’écrouler. Bouleversée par les agissements de Patrick, son chum, incapable de supporter les moqueries et la cruauté de ses camarades d’école, Leïla prend la fuite. À l’abri de ce qui la fait souffrir, loin de la maison et de sa famille qui ne la comprend pas, elle rencontre le beau Jonathan. Un gars vraiment cool, qui lui fait réaliser que ses rêves, même les plus fous, sont à sa portée.

Pendant plusieurs semaines, Leïla mène la grande vie. Il n’y a plus d’interdits. Grâce à Jonathan, elle se sent comme une adulte, en plein contrôle de sa vie. Les amis du jeune homme – qui le surnomment Young Gun – l’ont acceptée comme si elle était des leurs. Pour une fois, elle se sent à sa place. Appréciée, désirée. Son beau prince l’initie à tous les plaisirs. Mais la fête finit par mal tourner. La vie rêvée se transforme en cauchemar et le réveil est brutal. Sauvage. Inhumain.

L’exploitation sexuelle des jeunes filles par les gangs de rue est un sujet tabou parmi tous les tabous… C’est toutefois le sort que connaissent bien des adolescentes au Québec. Sans voile ni censure, Leïla raconte son histoire en espérant qu’elle permettra à d’autres, comme elle, d’ouvrir les yeux et de tout faire pour s’en sortir. Et éviter les pièges.

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TW (en blanc, il faut surligner pour les voir pour que ceux qui ne le veulent pas ne soient pas obligés) : abus, violence, viol, drogue, alcool.

Au départ, je ne savais pas que l’autrice était québécoise et j’ai donc eu un peu de mal avec toutes les expressions ou les tournures. J’avais du mal à adhérer à l’histoire et surtout au personnage de par sa façon de s’exprimer qui m’était totalement inconnue (ou presque). « Son chum » par exemple (qu’on écrivait keum quand j’étais au collège) était employé par des camarades de classe avec qui je n’avais pas toujours de bons rapports, et faire l’alliance avec eux m’a directement mis en retrait vis à vis du personnage.

Néanmoins, une fois la surprise passée, j’ai pu me plonger dans l’histoire et rester au-dessus de cette petite gêne. Ce n’est pas la première fois que je lis un roman écrit par un(e) auteur-rice québécoise(e) mais je n’ai jamais réellement eu affaire à autant d’expression, sans doute parce que les personnages n’étaient pas si jeunes. Bref.

Pour vous parler du livre en lui même, il fait 270 pages de récit et se lit donc très vite. De plus, sa présentation est différente de la France puisqu’on saute des lignes entre chaque paragraphe et donc aussi entre chaque bulle de dialogue. Le texte est aéré et je trouve que ça allège vachement par rapport au sujet traité, ce qui est vraiment pas mal. Je pense qu’on aurait étouffé rapidement le cas contraire.

Leïla est un personnage qui m’a fait beaucoup de peine. Même si je l’ai trouvé très naïve, notamment au début du roman, on comprend ce qui la pousse à s’en aller. On comprend comment elle tombe dans les bras de Jonathan et pourquoi. C’est assez explicite, d’ailleurs et je pense donc que même les plus jeunes lecteurs (le roman est classé pour les 16 ans et plus) peuvent comprendre ses motivations. J’étais triste pour elle et j’avais envie de la prendre dans mes bras.

Évidemment, le reste est une suite logique. Logique peut-être pour moi, parce que j’ai lu énormément sur le sujet, autant dans des romans/fanfictions que dans des articles professionnels pour des travaux à rendre. Je n’étais donc pas surprise ni même particulièrement choquée, mais ce sont des sujets très sensibles qui peuvent heurter facilement. Leïla est prise au piège dans une spirale infernale.

J’ai eu un peu de mal avec le rythme. En 270 pages, on en peut pas absolument tout décortiquer mais j’aurais aimé plus de détails sur certains points. Par exemple, l‘après. J’aurais voulu en savoir plus sur sa relation avec ses parents, notamment son père, sa reconstruction, son sevrage etc.. J’aurais aimé avoir plus d’empathie envers elle après ça. Malheureusement, tout reste assez survolé. Leïla ne se rend pas compte de sa position de victime et même si c’est assez bien expliqué ensuite, quelques lignes supplémentaires pour bien insister sur le sujet auraient été chouettes.

Ce livre fait partie d’un collectif d’autres œuvres qui parlent de réalités parfois taboues. Je n’en ai lu aucune autre, je dois le dire, et je crois que ça s’adresse à un public adolescent/jeune adulte (au-dessus de 16 ans je crois). La collection s’appelle Tabou et je vous laisse voir les autres titres juste ici. Je ne sais pas ce qu’elle vaut, mais je pense que certains thèmes sont encore trop peu abordés dans les livres et sont pourtant importants. La grossesse et la parentalité quand on est encore un ado, l’addiction, le handicap … je n’ai pas regardé tous les livres donc je ne peux pas vous dire mais je trouve que beaucoup de thèmes sont abordés. On y trouve aussi harcèlement, homosexualité, découverte de soi, consentement. Je ne sais pas comment sont abordés les thèmes, si c’est bien ou mal fait, si ça peut aider ceux qui recherchent de l’aide à travers la lecture ou si c’est une bonne représentation pour ceux qui souhaitent enfin voir un personnage qui leur ressemble. Mais voilà, je vous laisse jeter un œil si jamais cela vous intéresse.

Je suis vraiment contente d’avoir pu lire ce livre qui m’intriguait. J’avais vraiment envie de savoir comment le sujet était abordé et je trouve que c’est bien fait. On a parfaitement conscience de la place de victime de Leïla et du rôle de ses bourreaux dans son histoire. J’ai vu quelques incohérences qui sont en fait là pour apporter une conclusion à l’histoire et qui auraient sans doute été menées différemment si le livre avait été plus long. Pour vous donner un exemple (en blanc, faut surligner. C’est un spoiler donc si vous ne voulez pas savoir,ne surlignez pas héhé) : En gros Jonathan finit par balancer Leïla sur une station essence pour se débarrasser d’elle. Elle est triste et en manque et n’est pas blessée. Et je trouve étrange qu’un membre de gang la jette juste comme il le fait. Parce qu’elle peut balancer, elle peut aller voir la police. Donc j’imagine qu’il aurait dû la laisser pour morte ou la tuer, si on en croit ce qu’on sait sur les fonctionnements… Bref, mine de rien, c’est important de parler de ces sujets pour avertir et sensibiliser. S’il y a des maladresses, c’est aussi sans doute car le public visé doit tout de même rester un minimum protégé. Mais c’était intéressant donc je vous recommande la collection si jamais vous êtes intéressés !

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