Adopted love – G. Alexia

Hello ! Cette saga m’a toujours attirée pour le côté bad boy et tatoué du personnage. On sentait dès le départ le passé torturé avec le résumé et je pensais donc que cette histoire pourrait me plaire. J’ai cependant attendu longtemps avant de finalement craquer.

J’ai lu l’autre saga de l’autrice, Le marchand de sable, qui a été écrite après Adopted Love, et j’avais beaucoup aimé sa façon d’écrire et d’amener les choses. Il me tardait donc de donner une chance à cette histoire, mais il m’a fallu quand même longtemps avant de réussir à me mettre un coup de pied aux fesses. Avant toute chose, voici le résumé du tome I.

Orphelin, Teagan erre depuis son plus jeune âge de foyers en familles d’accueil.

Bad boy écorché par la vie, la justice le rattrape à l’aube de ses 18 ans. La sentence ? Un an de conditionnelle durant lequel il devra se tenir à carreau s’il ne veut pas finir en prison.

Il ne lui reste qu’une chance de se remettre dans le droit chemin et c’est dans une ultime famille d’accueil qu’elle va se jouer. Mais la rencontre avec Elena, la fille aînée de la famille risque de compliquer les choses.

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TOME I.

J’ai été un peu déçue quand j’ai commencé ce premier tome, tout en gardant à l’esprit qu’il s’agissait d’une histoire écrite avant, et donc que l’autrice avait évolué et de façon très positive. En effet, on retrouve beaucoup de répétitions dans l’écriture. Je ne compte plus le nombre de fois où le personnage dit qu’il veut fumer ou qu’il allume une cigarette. Je ne compte plus non plus les « ma queue » éparpillée partout, à croire que ce garçon ne pense qu’à ça. Je trouve que c’est très réducteur et ça coupe vraiment l’attachement qu’on peut ressentir. En fait, je ne vois pas l’intérêt d’ajouter cette caractéristique au personnage. On peut très bien faire un homme intéressant en romance sans qu’il ne pense à ses parties. Et ça le rend beaucoup plus attachant à mon sens. J’ai donc eu un peu de mal à me mettre vraiment dans l’histoire.

Autre point qui m’a fortement dérangé dès le début, ce sont l’ajout de certaines pensées du personnage. En effet, toute l’histoire se déroule sous le point de vue de Teagan, ce qui j’adore personnellement, mais il a parfois des réactions désagréables. Par exemple, le fait de juger d’autre personnage à leur physique. Il n’arrête pas de dire trop gros ou trop grosse, trop fine etc.. et pas toujours de façon bien polie. Ça m’a vraiment dérangé parce que bon … c’est pas nécessaire et c’est vexant. Ok Teagan aime les filles minces, mais pas besoin de l’expliquer à tout bout de champ ou d’être si critique … idem quand il croise « un grand Black » en tant que vigile ou dans le Bronx. J’ai trouvé ça très maladroit, très affligeant et ça m’a énervé. Il y a des centaines de qualificatifs pour parler d’une couleur de peau, sans compter le fait que c’est tout de même extrêmement cliché de mettre une personne de couleur en vigile ou en dealer… c’est même du racisme ordinaire en un sens.

SPOILER DES THÈMES ABORDÉS. Malgré tout, au fur et à mesure, on sent une évolution. Le personnage n’a plus toutes ces pensées et les mauvais qualificatifs passent à la trappe. On y trouve même une dénonciation de la grossophobie, du harcèlement, des agressions sexuelles et des violences sur enfants dans les familles d’accueil ou dans les foyers. Et franchement, certains points sont bien amenés. Parfois, je pense qu’ils sont un peu survolés, mais ils sont là et je trouve ça intéressant de les aborder et surtout très important.

Le personnage évolue, ainsi que les secondaires, mais il est vrai que certains points de l’intrigue mériteraient d’être plus travaillés. On a parfois des scènes qui s’étendent et d’autres qui sont un peu trop courtes. Pour autant, je chipote, car j’ai lu le livre très rapidement malgré les 650 pages. Également, la fin est un terrible plot twist et il me fallait la lire dans la foulée.

Au final, concernant ce tome 1, je dirais qu’on sent de grosses maladresses de la part de l’autrice. Je ne pense pas que les pensées soient partagées avec son personnage, mais elles m’ont dérangé à certains moments, de les voir ainsi écrites. On sent dans ce même tome une évolution de l’écriture et on peut voir une nette différence avec Le marchand de sable qui est plus posé et moins « brut ». Il y a plus de travail et de recherche dans l’écriture et ça se ressent. Adopted Love, tome 1, n’est donc pas mauvais, loin de là, mais présente quelques maladresses qui auraient peut être pu être évitées. Le livre est sorti en 2017 et a été connu par Fyctia. Je vous passe les détails concernant ce site mais ce dernier est rattaché à Hugo et on connait cet éditeur pour être peu regardant. Cela ne m’étonne donc pas qu’on laisse ce racisme ordinaire passer dans un texte, surtout en 2017.

Et ça m’embête, en fait, car l’histoire est typiquement quelque chose qui peut me plaire. Si on enlève les pensées dérangeantes et le fait de tourner en rond chez Teagan, c’est chouette. C’est un peu sombre mais ça travaille sur des points importants. Et du coup … j’apprécie l’ensemble mais je garde quand même un petit goût amer.

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TOME II.

SPOILER du plot twist (surlignez pour lire) : Elena est en stress post-traumatique, elle a peur de parler et reçoit en plus des menaces et du chantage. Le plot twist du tome I raconte la tentative de viol d’Elena dans les vestiaires du lycée et l’intervention de Teagan pour la sortir de là. Teagan use de la violence envers les coupables et se retrouve embarqué en prison.

Évidemment, après le plot twist, je voulais continuer et c’est ce que j’ai fait. 550 pages dévorées en quelques heures. Et qu’est-ce que j’étais sous pression. Je ne peux pas vous dire exactement ce qui m’a mis sous pression (mais si vous lisez le spoiler vous comprendrez), mais j’étais très énervée de voir que Elena n’agissait pas. Elle restait plan-plan et je comprends la démarche et le fait qu’on  prenne autant de temps avant d’arriver au dénouement, mais je déteste cette sensation. Je déteste le ressentir dans une histoire pendant longtemps. Mine de rien, c’est important, car les personnages secondaires apportent de bons et de beaux messages. L’attente est angoissante, énervante, et c’est fait exprès pour faire comprendre ce processus. Pour entrer dans la tête d’Elena et de comprendre ce qu’elle peut ressentir.

La fin a donc été salvatrice pour moi. Le dénouement de toute cette histoire et le fait de rétablir les choses et la vérité. Je me sentais beaucoup mieux. Pour parler malgré tout du tome en lui-même, je ne l’ai pas trouvé long, même si je trouve qu’il ne se passe pas grand-chose avant la fin. J’ai bien sauté quelques passages, mais on en apprend davantage sur Teagan ainsi que sur Elena qui a elle aussi droit à son point de vue dans la narration. J’ai beaucoup aimé ces passages et comprendre un peu mieux chaque personnage. Les secondaires sont présents et intéressants, ils apportent quelque chose et ne sont pas juste passifs.

Très gros point positif : on ne parle plus de « la queue » de Teagan. Ou en tout cas, pas dans le même contexte que dans le tome I. Les remarques sur le poids et les physiques s’évaporent et ne sont là que pour appuyer le harcèlement ciblé. De même, on dénonce ici encore une fois sur les mêmes sujets, sur la corruption également, et sur les violences policières. En effet, Teagan est à de nombreuses fois bousculé, tabassé, insulté par les policiers. Il est considéré comme de la vermine, comme un moins que rien, jugé pour ses tatouages et son look « de racaille » comme ils se plaisent à le lui rappeler. Ils abusent clairement de leur pouvoir.

Je crois que tout ça n’est pas sans rappeler le contexte actuel un peu partout dans le monde, où les gens protestent tout d’abord contre le racisme omniprésent, contre la police protégée, contre les meurtres qu’ils commentent et qui restent impunis. Alors s’il vous plait, je me permets d’en parler ici, sur un titre qui n’a rien à voir avec le racisme, mais qui rejoint quand même les violences ciblées des policiers (comme la voiture qui fonce dans la foule de manifestants pacifiques, ou à Paris quand ils ont profité que la foule se dissipe pour exercer des pressions, manifester du racisme et enfermer les gens dans des endroits exigües etc…). Ne fermez pas les yeux sur ce qui se passe aujourd’hui. Si vous n’aviez pas conscience de ce qui se passait auparavant, aujourd’hui vous pouvez tous agir pour que le monde change. Pour que les meurtres commis soient sanctionnés. Signez les pétitions, donnez si vous le pouvez, faites circuler les informations, dénoncez le racisme, changez vos habitudes pour tâcher de mieux vous conduire, éduquez-vous, éduquez vos proches et vos amis… Il y a tant à faire pour que les choses se bougent enfin. La justice commence à peine à lever son nez (Georges Floyd a été assassiné et le chef d’homicide volontaire a enfin été reconnu) et il n’est pas question de baisser les bras. D’autres trop nombreuses victimes attendent encore que les coupables soient mis face à leurs actes et y répondent. Alors s’il-vous-plait, ne fermez pas les yeux.

Pour en revenir à l’histoire (mais n’oubliez pas le paragraphe ci-dessus et allez sur twitter, sur instagram, sur vos moteurs de recherche, vous avez de très très nombreux posts pour comprendre, pour apprendre, et pour aider), je dirai que j’ai apprécié dans l’ensemble. J’ai été emportée par l’histoire où, finalement, la romance est accessoire. Elle est là, et elle est forte, mais elle n’est pas étouffante. Elle n’est pas omniprésente et fade comme ailleurs. Pas de scène de sexe juste pour en mettre, ici on creuse les personnages, on creuse l’intrigue et on brode la romance autour. Elle a de la valeur et de la substance. Et l’autrice fait de même avec le Marchand de Sable, en offrant un vrai contexte et de vraies intrigues à ses histoires.

Je suis vraiment contente d’avoir lu dernièrement ce qu’elle a pu écrire. C’est une autrice dont j’ai pu voir l’évolution entre ses deux sagas, une autrice française dont j’apprécie la plume et les idées, qui a ‘appris’ de ses maladresses et qui se perfectionne réellement entre les deux œuvres. Je peux dire que c’est l’une des rares autrices qui me plait chez Hugo et ça me coute vraiment de savoir qu’elle est publiée chez eux. Mais … Je suis contente de savoir que je peux encore trouver des éléments bien, des titres qui sont tout à fait convenables, où la femme est respectée et n’est pas juste un bout de chair. Malheureusement, le positif n’efface pas le trop plein de négatif que j’ai pu voir chez eux, mais il le temporise et lui donne des nuances. Et j’avoue que je ne sais absolument pas ce que ça me fait.

Pour conclure, sachez qu’un tome trois est visiblement prévu. Je ne sais pas quand, ni comment, ni quoi, mais un tome 3 a été annoncé.

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