Push – A. Heurtier

PUSH est sorti le 09 juin en librairie. Un grand merci aux éditions Casterman pour l’envoi.

Résumé : À 15 ans, Tessa suit son chemin de gymnaste,
guidée par la passion. Et cette année s’annonce prometteuse : sa mère, la présidente du club, a enfin réussi à recruter un entraîneur professionnel. Raphaël a vingt-huit ans, une présence intense et une devise pour motiver ses élèves, « Persist Until Something Happens ». Il a aussi, malgré lui, le pouvoir de créer des tensions…
À quelques semaines des championnats de France, une coéquipière de Tessa craque et abandonne le groupe. Trop de pression ? De mésentente entre les filles ?
À moins qu’il y ait eu autre chose.
Quelque chose qu’on n’a peut-être pas envie de dire.

Court roman d’un peu moins de 300 pages, ce livre m’a interloqué dès que j’en ai entendu parler. J’avais en effet vu le documentaire autobiographique paru sur Netflix à propos des violences sexuelles cachées par la fédération de gymnastique des US. J’avais été si choquée que j’étais restée bouleversée pendant un long moment à ce sujet. Aussi, puisque ce roman souhaitait aborder le sujet, j’ai voulu le lire.

Honnêtement, si l’on se lance dans la lecture sans savoir qu’on va parler de violences sexuelles, on ne peut pas le deviner de suite. Tessa nous raconte sa vie, la pression qu’elle se met vis à vis du sport, ses objectifs, ses espérances, tout cela sous la forme d’un journal intime particulier. En effet, chaque « chapitre » commence avec une question à laquelle elle s’efforce de répondre tout en nous racontant quelque chose de sa journée. C’est un personnage bourré d’humour, peut-être un poil autocentré (seulement on est dans son journal intime, donc c’est clairement normal). J’aimais énormément ce qu’elle montrait, ce qu’elle expliquait et donc l’image que je me faisais d’elle.

En sachant évidemment ce qui devait arriver, j’ai vu les indices et j’ai su rapidement quel personnage serait concerné. Toutefois, la mise en place de cette « partie d’intrigue » se fait sur le tard. Peut-être au 3ème tiers du roman (qui du coup se lit très vite). Et j’ai trouvé que c’était un peu survolé, du coup. Parce qu’au final, on ne parle pas tant de l’acte, du sujet. On se retrouve juste face aux pensées de Tessa, face à sa propre vision des choses, de l’univers, ses réactions… J’ai été plus qu’agacée par son personnage à cet instant, peut-être même qu’elle m’a un peu gâché la fin du bouquin.

Mine de rien, vu la forme choisie pour le roman, c’est cohérent. La présentation de la fin est cohérente aussi. Seulement, je m’attendais sans doute à ce que le sujet des violences sexuelles arrive plus tôt dans l’histoire et soit davantage exploité et développé. Qu’on ait aussi un véritable message de prévention, voire même des numéros ou des adresses pour celles qui ressentiraient le besoin de trouver de l’aide.

Je reste sur ma faim, disons, parce que le sujet est abordé sans être creusé à mes yeux. Sans doute aussi que c’est faussé, parce qu’on se retrouve sous le point de vue de Tessa, une ado de 15 ans qui doit gérer ses émotions, ses rêves, ses angoisses, et à qui l’on rajoute une pression peut-être trop forte. Toutefois, je pense qu’il aurait été possible de creuser un poil plus, de donner davantage la parole à la victime et au coupable, de faire davantage de prévention. Sous quelle forme, franchement je n’en sais strictement rien et j’imagine ô combien il doit être dur d’écrire sur le sujet. Mais voilà, ça reste un peu trop en surface cela moi, et j’avais sans doute des attentes un peu trop hautes (notamment avec la comparaison du docu Netflix).

Le roman reste toutefois « agréable » à lire jusqu’à ce que le sujet entre en jeu. La plume est fluide, agréable, très vivante et pimpante. Les personnages restent tous très secondaires car c’est le journal de Tessa, donc c’est avec elle que l’on discute H24. D’ailleurs il y a peu de dialogues en tant que tels, mais c’est comme un monologue continu, si l’on veut. La forme m’a plu, notamment avec le fait d’avoir un journal qui pose des questions. Voir le personnage évoluer vers l’introspection en essayant d’être meilleur, autant pour elle-même que pour le reste du monde, tout en se confrontant à ses rêves et ses peurs d’ado était très intéressant. Franchement, j’ai beaucoup aimé les 2 premiers tiers.

Le troisième garde un goût un peu terne, du fait de mes attentes mais aussi des réactions de Tessa qui, avec du recul, sont compréhensibles. Ce roman pose en vérité les bases, il raconte une histoire et met en lumière un sujet souvent passé sous tabou et peut-être qu’il permettra de délier les langues, de prendre conscience de beaucoup de choses, de faire plus attention, de se sentir plus fort… En fait, la forme est parfaitement adaptée pour un lecteur un peu plus jeune, plus ado, qui se reconnaîtra en Tessa et qui verra très certainement les choses sous un autre œil que le mien.

Aussi, c’est un roman que je vous conseille et que je conseille à un lectorat adolescent, voire plus jeune, si celui-ci a en plus la possibilité d’en discuter après. Il retourne quand même pas mal, ce roman, même s’il est court et même si je lui trouve cette maladresse de rapidité. Aussi, je pense qu’il est important pour les jeunes lecteurs d’être « encadrés » et de pouvoir donc en parler, se sentir en confiance et avoir toutes les clés en main pour se protéger face à ce genre d’individus (car bon, vous savez très bien comment fonctionne la société, notamment sur les « rôles » et les éducations que reçoivent les filles face aux garçons…)

5 réflexions au sujet de “Push – A. Heurtier”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s