Soleil jusqu’à la fin – M. Georgelin

On se retrouve aujourd’hui pour un petit roman de moins de 300 pages qui n’a pas besoin de plus pour charmer et nous retourner les tripes. Il est sorti aujourd’hui (le 03/02) en librairie ! Un grand merci aux éditions Sarbacane pour l’envoi de cette histoire.

Résumé : Amaya a douze ans quand elle voit sa mère mourir de chagrin, après le départ brutal de son père avec une Arlésienne. Aussi sauvage que sa tignasse indomptable, adulte avant l’âge, habituée à s’occuper de ses parents, elle atterrit dans un orphelinat, y enchaîne les joies et les chagrins, découvre une ribambelle de mômes brisés et d’adultes bancals qu’elle tente de réanimer comme elle peut, à coups d’histoires saugrenues et de mensonges poétiques. Mais ce mode de survie n’a qu’un temps : Amaya est vite rattrapée par la vie telle qu’elle est, celle qui frappe sans crier gare et qui ne fait pas de quartiers. Jusqu’à ce qu’elle débarque chez Pierrot et Madeleine, un couple de vieux fous amoureux, étranges et facétieux, avec qui elle va découvrir de nouveaux horizons…

TW (à surligner) : suicide, abandon, services sociaux, orphelinat, viol

Lorsque je me suis lancée dans ma lecture, je ne savais pas du tout vers quoi j’allais. J’étais larguée dans l’inconnu. Amaya était un personnage lointain pour moi, j’avais du mal à la représenter dans mon esprit du fait de son jeune âge. De plus, le style m’a surprise quand j’ai commencé à lire. C’était… et bien je ne sais même pas comment le décrire, mais j’y ai très vite pris goût. Il m’a plu dès les premières phrases, sans me mettre directement dans l’histoire. Une sensation étrange qui, pourtant, m’a empêchée de lâcher le roman avant la fin. Je l’ai lu en deux temps. 70 pages, une nuit, puis tout le reste sans être capable de m’arrêter.

Cette histoire n’est pas tendre, ni jolie. Elle est poignante, elle nous plante un couteau dans le dos. Puisque je ne savais pas vers quoi j’allais, je suis tombée de surprise en surprise. Plusieurs scènes m’ont réellement coupé le souffle. Je suis restée devant mon livre, en me demandant si ce que je venais de lire était réel. De plus, le style fait qu’il colle aux pensées d’Amaya, douze ans. On est dans sa tête, avec des mots d’adulte et des tournures d’enfant. On la voit évoluer dans un monde qui l’avale toute crue sans même lui laisser le temps de reprendre son souffle. Au fil des pages, on apprend son passé, ce qu’elle porte sur les épaules depuis sa tendre enfance. Et se rajoutent à cette histoire déjà trop compliquée de nouvelles douleurs qu’il faut assimiler et surmonter.

J’ai été très touchée par le chemin d’Amaya, mais aussi par toutes les personnes (ou presque) qui se sont glissées sur sa route. Billie, Pierrot, Madeleine.. sans parler des enfants et de Djibril. Ils avaient tous quelque chose de profond et un petit truc à apporter à Amaya. Je me suis fortement attachée à cette jeune fille encore trop jeune pour connaître tant de choses. Ce livre aurait mérité 5/5, c’est clair, mais il manque ce petit demi-point pour les réponses que je n’ai pas obtenues durant ma lecture. Je me doute que c’est un choix parfaitement conscient, pour laisser le lecteur imaginer les choses à sa sauce (ou alors je suis juste passée à côté, ce qui est fort possible car je me suis envolée au-delà des mots). Si tel est le cas, c’est un choix que je respecte totalement et qui m’a permis d’interpréter quelques petites choses comme je l’entends, ce qui n’est pas plus mal pour souffler après un tel récit.

Je n’ai pas pleuré… mais j’aurais pu. Ce roman prend vraiment aux tripes. Il dépeint une réalité malheureusement trop vraie et met en scène de nombreuses histoires entremêlées. Je pourrais et j’adorerais vous en parler pendant des paragraphes entiers mais alors, il n’y aurait plus de raison d’aller découvrir ce roman. Aussi je me tais et je vous conseille fortement de faire une place à cet écrin de poésie et de brutalité dans votre bibliothèque. Au-delà d’Amaya et de sa route tortueuse, se trouvent aussi celles de beaucoup d’autres personnes. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, bien au contraire.

A travers les pages de Soleil jusqu’à la fin, vous découvrirez le fil d’Amaya, mais aussi de toutes les personnes qui gravitent autour d’elle, de la façon dont l’Histoire façonne les histoires individuelles et façonne les individus d’aujourd’hui. Tout ceci avec un style unique et magnifique, pour un livre qui se lit avec une vitesse déconcertante.

Je suis encore très touchée par ma lecture et j’espère sincèrement vous avoir donné envie de découvrir ce roman. Il est disponible en librairie dès aujourd’hui !

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