L’urban fantasy, ses sous-genres et le fantastique

Hello ! Aujourd’hui on se retrouve pour un article un peu spécial, mais que j’avais pour projet d’écrire depuis un moment. Pendant longtemps, j’ai répété à qui voulait l’entendre que je n’aimais pas la fantasy. En fait, c’est extrêmement réducteur, car il y a tant de sous-genres que oui, j’en aime certains et ils sont même majoritaires dans mes lectures. Néanmoins, personne ne s’accorde sur beaucoup de choses là-dessus et je voulais donc faire un point moi-même sur la question, après les nombreuses discussions que j’ai pu avoir avec d’autres lecteurs. Par avance, excusez-moi s’il y a des confusions ou des maladresses, je ne suis pas une experte et ce post m’a demandé beaucoup de recherches mais je ne suis pas forcément suffisamment au point pour bien saisir les nuances.

I. – i n t r o d u c t i o n

Bien souvent, de nombreuses personnes que je ne connaissais pas venaient en DM sur Instagram pour me dire que si, je devais aimer la fantasy. Je me suis souvent sentie jugée et dévalorisée dans le sens où j’avais osé dire que je n’aimais pas ça. J’expliquais donc qu’il était plus simple pour moi de dire que globalement je n’aimais pas la fantasy, mais que j’adorais tout de même tel ou tel genre. Et puis finalement, j’ai arrêté de le dire. Après des discussions avec cette fois des personnes qui sont régulièrement dans mes DM, avec qui je discute souvent, je me suis rendue compte de la confusion que ce « je n’aime pas » pouvait amener. Au final, je dis directement « j’aime tel genre », de façon à créer une pousse positive plutôt que de mener vers le négatif. J’ai mis du temps et j’ai souvent été amenée à faire énormément de recherches pour comprendre ce que j’appréciais, pourquoi je l’appréciais, et quelles étaient les différences avec les autres « enfants » de la grande géante Fantasy. Aujourd’hui, je souhaite donc me pencher sur l’Urban Fantasy, les sous-genres qu’elle comprend, et la différence avec le Fantastique.

II. – d é f i n i t i o n s

  • La fantasy est un univers distinct du réel. Là-bas, on invente les codes, les lois et les caractéristiques et on se détache de ce qu’on connaît. Tout est inventé. Le surnaturel est accepté puisqu’il fait partie intégrante de cette univers. Il n’est pas considéré comme étrange ou différent. La place du merveilleux est, en général, centrale. La magie, par exemple, est pratiquée quotidiennement et fait partie du quotidien.
  • Le fantastique, c’est un monde réel dans lequel on introduit des éléments surnaturels (comme les vampires). Ces éléments sont d’ailleurs en général considérés comme étranges et doivent être justifiés et expliqués. C’est pourquoi on retrouve souvent une trame de découverte, où l’élément surnaturel est le plot-twist. Le surnaturel fait une intrusion dans notre monde et est donc perçu comme distinct, monstrueux, et doit être caché.

Sur cette base, je dois dire que je suis une très très grande fan du fantastique. J’adore être dans notre univers et côtoyer des êtres surnaturels. J’aime quand nos codes sont encore présents dans l’histoire et ne pas devoir adapter mon imagination à un univers différent. Je m’y sens à l’aise et je n’ai pas de mal à situer les choses ou à avoir des points de comparaison pour pouvoir intégrer l’histoire à des situations qu’on pourrait vivre tous les jours (par exemple un Edward dans le réfectoire du lycée).

Du côté de la fantasy, on retrouve aussi de nombreux sous-genres. Et c’est là où ça coince. J’aime beaucoup l’urban fantasy, mais c’est tout, en fait. Le reste ne trouve pas grâce à mes yeux. Arthurien, médiéval, animalier … tous ces genres me sont presque inconnus et ne m’attirent pas. Je les ai parfois croisés dans des films (abandonnés) ou des livres (abandonnés aussi). Les codes ne sont pas ceux que je connais et que j’apprécie. Je ne peux pas me relaxer devant ma lecture, je ne me sens pas à l’aise. De plus, pardonnez mon manque de connaissance, mais j’ai l’impression qu’il y a régulièrement l’intrigue suivante : une quête, une prophétie à détourner ou une guerre entre différents royaumes. Je vous dis ça comme ça, je ne suis pas suffisamment experte pour pouvoir dire pleinement les choses. Mais c’est un fait : ces intrigues ne m’intéressent pas. Je n’y trouve pas de plaisir. De plus, j’ai en tête le cliché que j’ai trop de fois entendu : il y a trop de descriptions. Ceci est peut-être valable dans les ‘vieux bouquins’ et pas dans les derniers sortis, mais il en faut un minimum pour expliquer l’univers, sinon on serait totalement perdu … Il n’empêche que j’aime quand l’action s’enchaîne ou quand on se concentre sur un personnage et sur sa psychologie, et pas quand on m’explique les lois de ce nouvel univers ou les paysages qu’ils traversent. C’est pourquoi, les livres les plus récents, surtout en urban fantasy, ne respectant pas ce cliché, sont parmi mes meilleures lectures.

Je tombe sans doute dans le cliché ici, mais il est vrai que je suis plutôt délicate comme lectrice aujourd’hui. A force d’avaler toujours plus de livres, je sais exactement ce qui me plait ou non, et j’ai énormément de mal à sortir de ma zone de confort. Mauvaises expériences, pressions ou tout simplement désintérêt, tout ceci ne me pousse pas à tester autre chose. Je reste donc parfois avec des a prioris en tête et je vous présente mes excuses pour cela. Mais il est vrai que la fantasy en tant que telle, telle qu’on la connaît et la façon dont on nous l’a toujours vendu n’a donc pas d’attrait pour moi. Et c’est dommage, car elle regroupe tant de trucs différents qu’on peut vite passer à côté de merveilleuses choses.

III. – u r b a n . f a n t a s y

Pour revenir sur l’urban fantasy (UF), voici ce que je peux vous en dire : Magie et technologie se côtoient. L’intrigue se centre dans un univers qui ne nous est pas totalement inconnu. Généralement, l’histoire se situe entre le 18-19ème siècle et nos jours. Le cadre est urbain, une ville avec les caractéristiques de l’époque où l’œuvre se déroule. Le surnaturel est introduit dans un monde lambda et que nous connaissons tous. En général, le côté surnaturel est tout de même caché des humains, dissimulés, et il faut faire partie de la sphère surnaturelle pour pouvoir la voir et la côtoyer (avec quelques exceptions bien entendu). Il y a toujours une sorte de barrière ou de frontière entre notre monde et celui fantaisiste. Il y a donc deux mondes en quelque sorte, qui sont entremêlés. Dans la fantasy plus classique, il n’y a qu’un seul et même monde, un monde magique, surnaturel, inventé.

Au final, il n’y a finalement que de très fines différences entre le fantastique et l’urban fantasy. Et en fait, quand on creuse un peu les recherches, je me suis rendue compte que l’UF comprenait elle aussi deux sous-genres : la bit-list et la romance paranormale.

  • La bit-list : de ce que j’ai pu voir, il est très difficile de faire la différence avec l’UF en tant que telle. Le héros ou l’héroïne est plongé dans une intrigue qui mêle les deux mondes ou tout au moins fréquentation d’un monde qui n’est pas le sien. Le personnage vit sa vie comme on peut le concevoir nous-même (aller au boulot ou au lycée, faire les boutiques, voir ses amis etc..) et ses préoccupations sont donc celles que l’on peut avoir. Il pense moins à combattre (par exemple dans un univers de chasse) et préfère vivre sa vie. On a donc plus d’humour et de légèreté que dans un univers d’UF. Le personnage, qu’il soit surnaturel ou humain, reste terrestre et on peut s’y apparenter. Ses pensées se tournent vers les nôtres. Dans l’UF, la défense de son monde sera prioritaire chez le personnage. C’est pour cela que la bit-list est davantage considérée comme un genre jeunesse, adolescent ou young adult, tandis que l’on propose l’UF pour un public plus « mature » de ce que j’ai pu voir dans les classifications.

Pour vous citer quelques exemples d’UF « pure » : Rachel Morgan par Kim Harrison (Milady), La Confrérie de la dague noire par J. R. Ward (Milady), Dorina Basarab par Karen Chance.

Dans la bit-list, on retrouverait donc : Twilight par Stephenie Meyer, La maison de la nuit par Kristin et PC Cast, Journal d’un vampire par LJ Smith, Les étoiles de Noss-Head par Sophie Jomain …

Seulement voilà : La Confrérie de la dague noire, je l’ai également trouvé dans les listes bit-list de certains sites de vente et dans les tags. Du coup, comme je vous le disais, la distinction est parfois très légère et c’est surtout au bon vouloir de l’éditeur.

De plus, j’ai également lu plusieurs fois que la bit-list était appelée « paranormal porn » aux USA, en référence à de possibles tensions érotiques, et donc adressée à des adultes. Si on se base là-dessus, on peut donc revenir entièrement sur la classification. C’est pourquoi, certains parlent de la romance paranormale : une fiction romantique (donc une romance) avec des touches de fantasy. Comme Twilight donc, par exemple.

Il est donc excessivement difficile de faire une véritable classification et après de nombreux articles qui me sont passés sous les yeux, je dois bien dire que c’est effectivement l’éditeur qui classe comme il l’entend et qu’il n’y a finalement peut-être pas réellement de sous-genres de l’UF. Enormément de débats font encore rage à l’heure actuelle sur le sujet.

IV. – l a . d i f f é r e n c e . a v e c . l e . f a n t a s t i q u e

Revenons donc au sujet qui fâche le plus : quelle est la réelle différence, du coup ? On entend souvent parler de Twilight comme de bit-list ou de fantastique. Mais qui a raison ?

Pour cette question, je suis passée par un million de sites. Et en gros, voici que j’ai compris :

  • Dans le fantastique, il est question de doute et d’hésitation. Quand on termine un bouquin fantastique, on doit être incapable de savoir si on a évolué dans quelque chose de réel, si on était dans un rêve ou dans la tête du personnage. L’évènement est, en apparence, surnaturel mais rien ne l’affirme. Cet évènement serait-il donc totalement inventé par le personnage ou existerait-il vraiment ?
  • Dans l’UF, les évènements surnaturels sont bel et bien existants et sont acceptés. Le personnage n’a aucune hésitation sur ce fait, tout comme le lecteur. L’évènement étrange devient naturel et donc ‘normal’ si on peut ça ainsi. Il est intégré au quotidien et c’est un fait établi et réel. On sait que la magie existe, ou que les vampires sont bien vivants.

Néanmoins, ça reste encore un peu compliqué et un peu flou. Voici donc ce que j’ai trouvé de plus. Comme je l’ai dit plus tôt dans l’article, l’arrivée de l’élément surnaturel dans le fantastique revêt l’aspect d’une intrusion. On y trouve donc un sentiment de crainte, de peur. Tandis que dans l’UF, cette arrivée est acceptée et perçue comme merveilleuse. Cet élément bizarre devient une norme supplémentaire. L’univers ajoute l’élément dans le sien.

Là encore, ça me semble assez flou comme limite, et j’ai donc l’impression que tout ce que j’ai toujours appelé fantastique devient de l’UF. Au final, dans le langage courant et pour tous ceux qui ne sont pas forcément calés sur le sujet, UF = fantastique = bit-list. Et c’est peut-être plus simple ainsi. Dans tous les cas, des livres se situent pile à la frontière entre les différences courants et sont inclassables. Tout ne peut pas forcément correspondre à une case, et j’aime donc me dire que ces courants se rejoignent.

En conclusion, je dirais que le fantastique reste quelque chose où rien n’est certain ni établi, ou l’on se demande si le personnage n’a pas tout inventé (comme dans un rêve ou dans une illusion mentale), tandis que c’est le cas dans l’UF (tout est ok, établi, certifié et on ne remet pas en cause l’existence des choses).

C’est pourquoi il y a eu tant de débats sur Harry Potter. Oui, on a un cadre réel et un cadre inventé, deux mondes qui cohabitent et qui se mélangent parfois. Mais non, on ne remet pas en cause l’existence Poudlard ou de la magie. On ne remet pas en cause la santé mentale de Harry, on ne dit pas que ce qu’il raconte vient d’un rêve ou d’une illusion. Harry Potter n’est donc pas du fantastique. Pour autant, on nous explique aussi que ça n’est pas de l’UF. Les sorciers ont un monde très indépendant du monde des moldus. Ils n’interfèrent pas dans leur monde : ils ont leur propre monnaie, leur propre ministre, ils font tout pour se séparer des moldus. Dans l’UF, les personnages seraient imbriqués dans le monde réel et suivent les mêmes règles. Sauf que … on a par exemple les Volturi dans Twilight qui règnent sur les vampires en quelque sorte tout en les soumettant aux règles humaines également. Le truc, dans Harry Potter, c’est que les sorciers se préoccupent seulement de ne pas être vus par des moldus, et beaucoup d’entre eux ne savent rien à leur sujet. Ils ne savent pas reproduire leur mode vestimentaire, ne connaissent pas la même technologie et n’ont rien de commun dans leurs habitudes. Il n’y a que les sorciers vivant avec les moldus qui savent faire les transitions entre les deux mondes. Il est donc difficile de dire si oui ou non Harry Potter est de l’UF ou non, puisqu’il suit certaines « règles » et d’autres non. Dans tous les cas, cette saga est une saga de fantasy et non de fantastique, c’est tout ce que je crois pouvoir affirmer.

V. – q u e l q u e s . t i t r e s

Je ne voulais pas terminer cet article sans vous parler très rapidement des autres courants (comme par exemple ceux qui mélangent post-apo, futuriste, dystopie, avec la fantasy), mais je pense qu’il faudrait un article entier pour vous faire une liste des livres de fantasy autre que UF qui me plaisent. Aussi, si cela vous intéresse, je m’y pencherai une autre fois. Pour l’heure, je vais vous donner quelques livres à titre d’exemple, en sachant que les classifications varient en fonction des sites ou des éditeurs. Tout ceci est donc à prendre avec des pincettes.

Urban Fantasy : Les chroniques de MacKayla Lane de KM Moning, Le livre perdu des sortilèges de Deborah Harkness, Rebecca Kean de Cassandra O’Donnell, Lux de Jennifer L. Armentrout, Le pacte d’Emma de Nine Gorman (qui serait du bit-list comme entendu aux USA apparemment), Les larmes Rouges de Georgia Caldera, Kate Daniels de Ilona Andrew …

Fantastique : et bien … ça se complique ! Car dès qu’on cherche fantastique, c’est associé à la fantasy ! Il faut finalement creuser vers des œuvres plus anciennes et sur quelques rares articles pour trouver quelque chose, et comme je l’ai lu aucun d’eux, je suis bien incapable de vous dire si la classification est correcte. Mais voici ce que j’ai trouvé : Le Horla de Maupassant (peur, angoisse, folie), La morte amoureuse de Théophile Gautier, Le roi au masque d’or de Marcel Schwob, Le portrait de Dorian Gray de Oscar Wilde, Dracula de Bram Stocker …

VI. – c o n c l u s i o n s

Tout d’abord un grand merci si vous êtes arrivés jusqu’ici. J’espère que cet article n’a pas été trop pénible à lire et qu’il vous a intéressé. J’ai pris beaucoup de plaisir (et de temps) à essayer de démêler toutes ces ficelles et j’ai tenté d’en faire un truc assez clair, mais ce n’est peut-être pas le cas. N’hésitez pas à me faire remarquer si vous voyez des coquilles ou, si vous vous y connaissez un peu, à me dire si jamais j’ai fait une bourde.

Je me rends compte maintenant que la classification de tous les articles ici est erronée … et j’ai une flemme immense de modifier tout ça … ! Je vais malgré tout essayer de prendre le temps un jour d’apporter ces corrections et en tout cas, je ferai attention pour les prochains articles. Des bisous à tous !

6 réflexions au sujet de “L’urban fantasy, ses sous-genres et le fantastique”

  1. Ton article est super intéressant ! Et je me dis qu’il faudrait que moi aussi je me renseigne sur tous les sous-genres pour identifier ce qui me plaît le plus, j’en ai une certaine idée mais je n’ai pas les mots qui vont avec, donc ça pourrait m’aider !

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