J’ai lu mon premier roman en VO

Hello !

Voilà un moment que cette idée d’article me trottait dans la tête. Depuis, en fait, que j’ai commencé à lire The Seven Husbands of Evelyn Hugo dans sa version d’origine, en anglais. Et j’avais beaucoup de choses à dire dessus : comment j’ai commencé la VO, qu’est-ce qui m’a motivé etc.. Alors un article, c’est quand même bien pratique pour ça.

Bien sûr, je vous donne ici mon expérience et ce que j’ai trouvé comme astuce pour rendre les choses plus faciles pour commencer. Ce n’est pas un mode d’emploi universel et il se peut que mes conseils ne soient pas ceux qui marcheront pour vous. Mais je tenais malgré tout à vous les partager, au cas où !

Let’s go !

1. Mon niveau d’anglais.

J’ai quitté le lycée en 2013 et je n’ai plus eu de cours d’anglais depuis. J’en ai bien eu quelques-uns quand j’étais en médecine dentaire, mais c’était axé sur un vocabulaire très scientifique. Ça fait donc des années que je ne pratique plus, au contraire de l’espagnol qui est la langue dans laquelle je suis tous mes cours depuis cinq ans. Et bon, autant dire que j’évite clairement les articles scientifiques dont j’ai besoin quand ils sont en anglais.

J’avais eu de très bonnes notes au bac, oui, mais ça ne voulait pas dire pour autant que je pouvais comprendre un texte ou tenir une conversation. L’anglais qu’on nous enseigne n’a rien à voir avec le véritable anglais qui nous attend dehors. Ça nous donne des bases, un peu de vocabulaire. Mais je n’ai rien retenu des temps avec leurs exceptions ou de la majorité des trucs de conjugaison. Aussi, c’est principalement grâce aux séries et à la musique que j’ai maintenu l’anglais. Je ne regarde rien en VF, mais toujours tout en VO. Puisque la majorité des séries vient des USA ou de l’UK, ça me permet vraiment d’entendre l’anglais, les accents, les expressions … Mes groupes favoris ou les artistes que je suis postent en anglais sur les réseaux sociaux, leurs textes sont en anglais … Et donc même si je passe par un traducteur la plupart du temps pour comprendre un texte ou une chanson, l’anglais est une langue récurrente dans mes oreilles.

Au final, je « comprends » l’anglais, oui, mais à l’oral (et encore que). Je reconnais les choses si on ne parle pas trop vite. Mais est-ce que je le lis ? Pas vraiment.

 

2. Pourquoi se mettre à la VO ?

L’anglais, c’est une langue qui va forcément me servir. La spécialité vétérinaire vers laquelle je me dirige est très connue aux USA mais vient seulement de se faire connaître en France. Tous les articles et tous les documents dont j’ai besoin pour mes recherches et mes thèses sont en anglais. Je vais peut-être être amenée à voyager pour des congrées ou des conférences dans le cadre professionnel.

De plus, comme je le disais, mes artistes favoris sont tous américains ou britanniques. Ou en tout cas, même quand ils sont d’une autre nationalité, ils parlent en anglais partout ! Et c’est valable aussi pour les auteurs. Je lis très peu de livres d’auteurs français. La majorité sont US/UK. Et quand je découvre un auteur traduit en VF, ce n’est pas forcément le cas de tous ses livres. Attendre désespérément une suite qui ne viendra peut-être pas, c’est agaçant et frustrant. Lire leurs posts sans les comprendre, c’est à peu près pareil. De plus, les traductions qui ne respectent pas le style ou les ME qui se permettent d’enlever des scènes ou de changer des trucs, c’est relou.

Les boxes de goodies anglaises et américaines me font H24 de l’oeil, et c’est quand même dommage d’avoir un livre en VO si on ne peut pas le lire. J’en ai plusieurs dans ma bibliothèque, principalement des livres que j’ai lu en VF mais que je ne voulais pas en VF dans ma bibliothèque à cause d’une couverture qui ne me plaisait pas. Mais j’ai aussi des VO que je n’ai pas lu pour le moment, et ça me peine un peu.

Enfin, j’ai pour projet de me rendre à Londres dès que possible. Je veux visiter les studios HP ainsi que la capitale, flâner dans les librairies dont on entend toujours parler. J’ai aussi le projet d’un road trip aux USA. Alors bon, il faut peut-être comprendre et parler l’anglais, du coup !

En résumé, j’avais donc beaucoup de raisons qui me poussaient à me mettre à la lecture anglaise. Mais ces raisons n’étaient pas suffisantes pour que je le fasse. C’est un coup de coeur pour un livre et son auteure qui m’ont réellement donné envie.

 

3. Mes débuts en VO.

Mes premiers pas en lecture VO ont été dictés par la sortie de la pièce de théâtre Harry Potter & the Cursed Child. J’étais trop impatiente. Je ne voulais pas attendre. Alors, forcément, je me suis précipitée et je l’ai acheté en anglais. Au final, je l’ai terminé en très peu de temps. Moins d’une journée, c’est sûr. Je comprenais le sens global car l’univers ne m’était pas inconnu. Et je pense que c’est un important pour commencer : lire un truc dans un univers connu. Ne pas plonger dans un univers de fantaisy dont on ne maîtrise aucun code.

Il faut commencer par quelque chose de facile. Contemporain, jeunesse, romance, en général on peut trouver très facilement des livres relativement abordables en VO. Mais si vous lancer directement dans un roman vous fait peur (comme à moi), les pièces de théâtre ou les webcomics, BD, mangas, sont là pour vous aider !

Très franchement, The Cursed Child a été très facile à comprendre et pourtant, je n’étais pas du tout confiante en mon niveau d’anglais. J’ai dû chercher quelques mots, bien sûr, mais j’avais compris l’intrigue et l’histoire sans difficulté. De plus, le format pièce de théâtre ne fournit que les dialogues et quelques rapides descriptifs de scène. Autant dire qu’il n’y a pas de longues phrases ou de tournures complexes. Ici, on va à l’essentiel et pour débuter, c’est vraiment pratique.

Après ça, je n’ai plus lu en anglais pendant longtemps. Jusqu’à récemment, en fait, lorsque j’ai découvert Heartstopper. La traduction française n’était pas encore prévue, mais j’entendais trop de bien sur cette histoire et je voulais impérativement la lire. Alors, ni une ni deux, j’ai acheté le premier tome en VO. Puis le second. Puis le troisième. C’est un roman graphique comme on dit. (Ne me demandez pas de vous expliquer les différences avec une BD ou un manga (en dehors du sens de lecture) car je ne suis pas du tout calée dans le domaine). Là encore : pas de description, pas de longues phrases. Juste du dialogue et des images.

Et une fois de plus, j’ai compris. C’était très abordable et ce, même pour quelqu’un qui n’a que des rudiments d’anglais. Pour s’y mettre, je pense que c’est même l’idéal. L’histoire est mignonne et le style n’est pas compliqué du tout. Les dessins permettent aussi de comprendre quand on a un doute. Alors franchement, c’était vraiment pas mal pour s’y remettre.

 

4.Pourquoi ce livre-ci pour commencer les romans en VO ?

Au départ, je voulais le lire en français, comme n’importe quel autre livre. Il était disponible et traduit … mais avec beaucoup de points qui me dérangeaient, puisque la couverture de l’édition française est clairement raciste. On nous montre ici une jeune femme blonde et blanche … alors que Evelyn Hugo vient de Cuba et n’a pas DU TOUT la peau blanche. Et c’est dit à de nombreuses reprises dans le livre. Elle est clairement métisse et ce, même si elle s’est teint les cheveux en blond. Il était donc hors de question pour moi de posséder un livre avec du white washing dans ma bibliothèque. Je ne cautionne pas le racisme ou l’invisibilisation des minorités. Trop de maisons d’édition se croient tout permis et changent les couvertures pour ne pas faire apparaître un personnage qui n’est pas blanc. Et en 2020, ce n’est clairement pas acceptable et surtout, ça ne passe pas inaperçu.

Je voulais donc le trouver en ebook sur la toile. Je me suis dit « pourquoi pas faire un prêt sur Amazon et le retourner en le lisant très vite ? » quand on m’a proposé cette solution. J’avais malgré tout peur que je ne puisse pas être remboursée et quand on voit que le ebook est à 11€ … Bref, du coup, j’ai finalement pris la version VO et je me suis dit « aller, faut essayer. » Je voulais vraiment lire ce livre. Je venais de terminer mon immense coup de coeur Daisy Jones & The Six et son auteure venait de gravir d’énormes échelons pour se placer parmi les auteurs que je souhaitais suivre ! Et j’avais entendu tant de bons avis sur Evelyn Hugo qu’il fallait que je le lise impérativement. Alors … je me suis lancée !

Je m’étais un peu renseignée, et je savais que ce livre ne serait pas un Tolkien ou un truc incompréhensible pour moi. Le style me paraissait abordable et surtout, après Daisy Jones, je savais un peu comment l’histoire se présentait. On n’allait pas avoir ici des descriptions de vingt kilomètres. Il y a en a, oui, mais sur des tenues ou des lieux qu’on peut saisir. C’est un livre qui se passe dans le monde réel et dont on a les codes. Ce n’est pas quelque chose d’inconnu pour nous.

J’ai mis du temps à le lire. Ma version ebook comptait 900 pages et ça me paraissait insurmontable. Je me fixais chaque jour un nombre minimum de pages à lire. Au début, j’ai cherché pas mal de mots et je pense que c’est inévitable quand on se lance. Parce qu’on hésite, on a peur de ne pas tout comprendre. Et puis, petit à petit, ça devient plus facile. On cherche de moins en moins mais on comprend quand même le sens. On ne saisit pas chaque mot, bien sûr, mais c’est l’intrigue qui est importante.

Au début, je lisais à voix haute (enfin, en chuchotant). J’avais l’impression que ça m’aidait, et c’est vrai. Mais plus je rentrais dans l’histoire, plus je lisais vite et donc, moins je lisais à haute voix. J’ai dévoré la fin du roman sans voir les pages défiler.

Bien sûr, c’est une lecture qui demande des efforts. Je ne peux pas papillonner comme en français, sinon je perds le sens et quand je m’y remets, je ne comprends plus rien. Je dois être concentrée sur ce que je lis et, souvent, je dois reprendre le paragraphe entier pour comprendre. C’est un véritable exercice et ce n’est pas de tout repos. C’est pourquoi en général, je lisais le matin ou alors le soir quand je n’avais plus rien à penser. Néanmoins, je le reconnais, lors des 100 dernières pages, même si je sautais quelques lignes ou quelques mots, je comprenais quand même. Ma lecture était plus agréable, plus facile, plus fluide.

J’ai remarqué que je faisais plus (+) attention à la plume de l’auteure. Les répétitions se font plus flagrantes puisque c’est une tournure qu’on a vu plus tôt dans l’histoire et dont on se rappelle. Au final, j’ai vraiment apprécié ça : savoir que je reconnaissais des choses. En tout cas ça m’a fait sourire et ça m’a aussi mis du baume au cœur de savoir que j’étais capable de comprendre et d’apprécier un texte en VO, surtout venant de quelqu’un que j’admire. Personne n’était venu changer des trucs ou des tournures. Le texte est là tel que l’auteure l’a fait. Mine de rien, une fois réellement entrée dans l’histoire, je n’ai plus trop fait attention à chaque tournure. La plume m’a transportée et j’étais aux côtés de Evelyn Hugo, et non plus devant mon support ebook.

Même si énormément de traductions VF sont excellentes, surtout en YA où je n’ai, je crois, presque jamais rencontré de problèmes, il y a toujours une petite différence, parce que ce n’est pas une traduction littérale et que certains mots sonnent mieux que d’autres en français dans certaines phrases. Alors même si le sens reste le même, ce n’est pas la plume exacte de la personne qui écrit. Et après l’immense coup de cœur pour Daisy Jones (que je relirai en VO), je voulais vraiment passer cette étape de la VO avec Evelyn Hugo.

 

5. Ce que ça m’a apporté.

Pour l’heure, je ne pense pas que ça change quelque chose à ma vie. On est toujours en France, dans un contexte de voyage prohibé, et ma thèse ne se fera que l’an prochain. Néanmoins, j’ai remarqué quelques trucs.

Depuis un petit moment, j’essaie d’étendre ma « communauté » au monde anglo-saxon. Je ne suivais jusqu’alors que des comptes français et certains lisaient en VO et proposaient des titres que je ne voyais jamais passer. Je voulais agrandir ma vision littéraire, connaître de nouveaux auteurs, de nouveaux livres. Mais, à quoi ça sert de suivre des comptes sans rien comprendre à ce qu’ils racontent ? Au final, je saisis plus facilement (même si parfois j’ai la flemme d’essayer de comprendre) ce qui est dit en légende et c’est donc un plaisir pour moi de pouvoir suivre ces nouvelles personnes et avoir accès à des ressources plus grandes. Ma wish list s’est donc longuement allongée, je dois le dire, mais j’ai pu interagir avec d’autres bookstagrammeurs que je n’aurais jamais osé contacter avant. 

Petit à petit, je me suis également mise à proposer un paragraphe en anglais sous mes posts, pour pouvoir interagir avec plus de monde, pour que mon compte puisse être accessible aux gens qui ne parlent pas français. L’idée d’Instagram, ça reste toujours le partage et j’étais frustrée d’être coincée par la langue. Alors, en proposant même quelques lignes en VO qui résument ce que j’ai pu dire en français, ça me permet de m’ouvrir à d’autres personnes, à d’autres discussions et ainsi, à d’autres découvertes. Evidemment, c’est parfois compliqué de vouloir dire les choses en anglais, mais je m’adapte (et je cherche pas mal de mots sur le traducteur mdrr). Mine de rien, juste poster ces quelques phrases me fait me sentir heureuse et fière, alors pourquoi s’en priver ?

J’ai remarqué aussi que j’avais moins de difficulté à suivre mes auteurs favoris sur Twitter. Avant, je ne comprenais jamais rien et la traduction n’était pas toujours proposée. Aujourd’hui, je peux les suivre et j’ai plus de facilité à saisir ce qu’ils racontent (même si je clique h24 sur le bouton de traduction quand il est là).

 

6. Et au final ?

Bien évidemment, ça ne va pas changer le fait que je souhaite continuer à lire en français. Parce que je lis beaucoup plus vite et que ça ne me demande pas d’effort. Mais pour des suites où je n’ai pas envie d’attendre, ou des livres qui ne sont pas proposés en français, la VO reste un moyen finalement plus accessible que je ne le croyais. Je prends du temps pour lire, et je ne profite pour l’heure pas autant qu’en français, mais ça me rend heureuse de pouvoir me dire que j’ai réussi à lire dans une autre langue et d’avoir compris et apprécié ma lecture malgré tout. J’ai l’impression qu’un tas de nouvelles portes s’offrent à moi.

Évidemment, il y a des livres que je ne testerai pas en anglais car je ne m’en sens pas capable. Et je ne veux pas me forcer, au risque de me dégoûter. Je préfère lire tranquillement des livres qui, je sais, sont accessibles à mon niveau actuel. C’est pourquoi le tome 3 de Caraval m’attend depuis des années dans ma bibliothèque, en VO. Je ne crois pas pouvoir être capable de tout bien saisir pour le moment, étant donné que l’univers est déjà complexe en français. Mais après de nouvelles lectures en VO qui sait, peut-être … ?

Au final, je pense qu’il ne faut pas se forcer pour commencer la VO. Il faut trouver la raison qui nous est propre, l’envie qui fait que. Commencer par un livre qui nous semble accessible et facile, pour se donner du courage et de la fierté en se disant qu’on n’est pas aussi nul qu’on le pensait au départ. Ne pas hésiter à faire des pauses, à prendre son temps. Mais jamais, au grand jamais, se forcer pour faire « comme tout le monde » ou pour une quelconque raison qui ne nous toucherait pas. Le déclencheur n’est pas universel, il est personnel. Et parfois, il arrive tôt, des fois très tard ou alors même pas du tout. Et c’est ok de ne pas lire en anglais ou dans une autre langue. Il ne faut pas culpabiliser à ce sujet ou se sentir moins bon.

Ne vous dévalorisez pas parce que vous ne lisez pas en VO. Vous avez des qualités et des ressources qui vous sont propres. Vous ne valez PAS moins parce que vous lisez uniquement le français. Vous êtes une personne talentueuse dans votre domaine de prédilection. Vous avez des forces que vous ne soupçonnez peut-être pas. Vous ne lisez pas en VO ? Et alors ? Est-ce que ça change la personne que vous êtes ? Non. Est-ce que vos amis lecteurs vont vous tourner le dos ? Non (et s’ils le font, ce sont des gros cxns et vous serez mieux sans ces hypocrites).

Si l’envie est là, si vous voulez lire en VO, alors vous y arriverez, même si cela vous demande plus d’effort. Et si vous ne voulez pas lire en VO, c’est ok. Ça ne rendra pas vos avis moins pertinents ou votre compte/personne moins intéressant(e). Soyez fiers de vous et ne vous forcez pas, car la lecture doit rester un plaisir !

Tagué

1 réflexion au sujet de “J’ai lu mon premier roman en VO”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s