First Touch – L. Paige

Hello ! Une fois de plus, j’ai décidé de redonner une chance à Hugo Roman. Parce que ma dernière lecture chez eux était Nos âmes tourmentées et que c’était un très beau livre, j’ai craqué sur plusieurs livres d’occasion la semaine dernière, sans faire attention au fait que ce soit une traduction ou non. Clairement, j’aurais dû …

J’ai choisi First Touch parce que le résumé me semblait prometteur. On y parle de Emily qui, après avoir tourné le dos à un passé pas super glorieux, reçoit un coup de téléphone d’une ancienne amie. Ancienne amie qui semble être en danger. Emily décide alors de tout mettre en oeuvre pour retrouver son amie Amber et cherche à entrer en contact avec Reeve, propriétaire d’une chaîne d’hôtels de luxe, qui semble malgré tout avoir un lien avec la mafia grecque des USA. Emily, qui semble de plus en plus convaincue de la culpabilité de Reeve dans la disparition de Amber, cède malgré tout au charme du riche mafieux.

Ce n’était pas tant la romance qui me parlait, car je me doutais qu’on y trouverait les clichés habituels – rien que de parler du mec riche et mafieux, c’était déjà plié – mais c’était surtout pour le côté disparition et enquête que ça me donnait envie d’en savoir plus. J’ai tout de même l’impression d’avoir été dupée.

Je ne sais pas comment est la version originale, mais je dois que la traduction est une petite pépite (FAUX). On a droit au départ à des dialogues presque dans un langage soutenu, du français bien pompeux ou dans des tournures que personne n’utilise, pour montrer que le monsieur a de l’argent et qu’il pète plus haut que ses fesses. On a besoin de ça pour le comprendre non ? Puis, d’un coup, ça devient d’un vulgaire … ! « Bite », « chatte » et « baise » sont les maîtres mots de l’histoire. On n’a que ça, partout, à tout moment. Utilité ? ZERO.

Alors je sais pas vous mais, de mon côté, un mec qui parle comme ça, ça ne m’attire pas. Ça ne m’excite pas. Ça me fait juste fuir et ça rend le gars pathétique. Et pour en avoir discuter avec plusieurs lectrices en message, on est bien d’accord, personne n’aime ce genre de discours. Pourquoi continuer à traduire d’une façon si vulgaire ? Ça sert à quoi ? Très clairement, je suis chaque fois très déçue par cette ME. J’avais même décidé de boycotter à un moment donné. D’ailleurs, je n’achète que de l’occasion chez eux, je ne veux pas que mon argent aille dans leurs poches, mais plutôt dans celles d’autres lecteurs.

Autant les auteurs français publiés chez eux, ça va. Vu que c’est leur plume, on a en général un style cohérent, plus paisible et joli, sans cette vulgarité crue qui me débecte. Mais rares sont les traductions à valoir le coup. On a TOUJOURS de la sexualité négative, où la femme est placée en second plan par rapport à l’homme. Généralement, c’est un gars riche, qui se croit tout permis et au-dessus de tout le monde, qui pense à lui avant tout. Déjà, au-delà du fait d’être improbable pour des romances « lambdas » ça dépeint beaucoup de choses négatives. Et je suis du genre à soupirer quand on me sort « c’est problématique » car j’estime avoir une très grande ouverture d’esprit et être suffisamment mature pour faire la différence entre les livres et la réalité, sans devoir prendre exemple dessus. Mais là … Hugo Roman donne de mauvaises images, surtout quand on sait que des lecteurs sont très jeunes.

Parce que je ne vais pas refaire un article qui explique pourquoi je n’aime pas cette maison d’édition (parce que bon, mon avis n’a pas évolué mdr), je vais me contenter de parler de ce bouquin mdrr. Et le début me semblait prometteur. Au-delà du fait que la taille d’écriture me semble trop petite, l’écriture était pas trop mal et il n’y avait pas de faute. Puis tout est parti en sucette. Ce qui était parti pour être une intrigue autour de la disparition d’une fille devient un jeu de séduction malsain. Sorry hein, mais je vais faire quelques spoilers ici.

Vraiment, si j’avais du mal au début parce que c’était trop petit pour mes yeux, j’étais intriguée. Finalement, j’ai réussi à accrocher et j’ai commencé à lire plus vite. Mais … je suis arrivée dans une partie qui m’a posé souci. Déjà, il faut savoir que le personnage principal, Emily, a couché avec des hommes majeurs (bien bien majeurs, genre 40 ans) quand elle était mineure, pour de l’argent et des cadeaux… On voit pas le souci là ? A quel moment elle peut accepter ça et se dire qu’en fait c’était cool. Elle répète plusieurs fois qu’elle était mineure, mais jamais on nous propose un vrai message comme : ceci est de la pédophilie, ceci n’est pas acceptable, ne faites pas ça, n’acceptez jamais un tel traitement de la part d’un homme, prévenez un adulte responsable … OH HÉ faut arrêter de balancer des trucs qui paraissent normaux après, alors que c’est dangereux.

Je vais pas vous réécrire tout le bouquin, parce qu’il y a encore beaucoup de bêtises du genre, mais à quel moment on décide de publier ça et surtout, à quel moment on écrit ça ? L’auteure est une femme, et elle rabaisse tellement la condition féminine. Elle met sur un piédestal un mec vulgaire à la masculinité toxique. Un mec à fuir à tout prix et qui, pourtant, est adulé pour son argent et sa beauté. Allo, je pense que la sécurité c’est quand même plus important. Comme quand il dit « je vais te baiser sans capote » … bah non. Déjà la fille n’est pas un jouet et puis, en dehors du fait de pouvoir tomber enceinte, bon dieu les MST quoi ! On pourrait aussi faire un effort ici, pour véhiculer un bon message ! Mais non, c’est trop demandé.

Je me demande vraiment comment on en arrive à écrire un truc si cru, si trash, si mauvais … L’idée de base était pourtant bonne. Emily veut savoir ce qui est arrivé à son amie, même si cette amie a été toxique pour elle etc… et si Emily semble courageuse au départ, elle est dépeinte comme une vraie potiche au fil du roman. Une fille qui ne pense qu’avec ses parties intimes, qui se fiche au final que l’homme soit un mafieux dangereux tant qu’elle prend son pied. Alors oui, sexualité libérée, femme fière de son corps etc… c’est très bien. Mais on peut aussi le faire de façon positive, et montrer que les femmes ont un cerveau. On peut aussi montrer que les hommes ne sont pas des violeurs sadiques et qu’ils peuvent être polis, agréables, et PAS intéressés. Vraiment, je vous assure que ça existe dans la vie. Des hommes biens, gentils. Et ça, bizarrement, y en a pas dans l’histoire hein.

Parlons également de la jalousie mise sur un piédestal. C’est peut-être le délire de certains, d’avoir un compagnon ou une compagne jaloux/se et possessif/ve, mais il ne faut pas oublier tout ce que ça implique. Ici, Reeve se sert de son pouvoir pour surveiller Emily. Il est au courant de tout ce qu’elle fait dans la journée. Il lui fait des scènes sur sa façon d’être habillée, sur ses fréquentations etc… Sorry not sorry, ce n’est pas acceptable. Comme au début du bouquin, où il plaisante sur le fait de la garder séquestrée dans un des hôtels, où elle ne devrait même pas avoir « l’impression d’être en prison » avec tout ce qu’il y a à faire là-bas. A quel moment on peut écrire ça et que ça passe pour de l’édition ?

J’allais presque oublier la violence conjugale. Reeve, dans son élan de jalousie (et jfwdneb c’est PAS une excuse) devient violent envers Emily. Il l’oblige à s’agenouiller, il lui tire les cheveux, la coince, jusqu’à ce qu’elle dise ce qu’il attend d’elle. Et le pire ? Emily dit qu’elle aime les bad boys et qu’elle aime ça. Heu pardon ?! J’ai lu – et écrit – beaucoup de dark romance. J’ai vu la violence passer sous toutes les formes et je n’ai jamais été indignée. Tout simplement parce que le personnage violenté savait que c’était mal, et qu’il ne devait pas accepter ça. Il savait que ce n’était pas un traitement normal et, non, il n’aimait pas ça. Et le personnage violent avait de longues étapes devant lui de repenti, de prise de conscience, d’évolution, de pardon et j’en passe.  Il y avait une structure et partout dans le roman il était dit que ce n’était pas acceptable. Ici, ce n’est pas un jeu de BDSM, où la « violence » est acceptable dans le fait qu’elle est consentie par les deux parties et parce qu’il y a des limites établies etc. etc. Ici, Emily est prise au piège par un homme mauvais et violent. Et elle aime la sensation que ça lui procure. Non mais sérieusement, y a rien qui va.

Vous l’aurez compris, je suis plutôt très remontée contre ce bouquin. J’avais placé quelques espoirs dans l’histoire et je me demande vraiment si les auteures (car ce ne sont que des femmes) sont le problèmes, ou si la traduction et la ME sont vraiment les seules en cause. Je n’en sais rien. Mais je me conforte dans l’idée de ne plus acheter chez eux – ou prendre d’occasion si vraiment – et me tourner uniquement vers les auteures françaises publiées chez HR.

Malgré tout, il reste un point que je n’ai pas abordé pour le moment. L’intrigue censée être principale, à savoir la disparition de Amber. Elle est disséminée un peu partout dans le roman. Emily fait vraiment ce qu’elle peut pour avoir des informations. On en apprend davantage sur leur relation, sur ce qui a fait qu’elles ont coupé les ponts. Chaque information est contenue, distillée de la bonne façon, mais ça reste quand même en second plan. Parce que Emily fait finalement passer sa relation avec Reeve avant le reste et avant la recherche de Amber. Puis plot twist à la fin ! On nous balance un truc comme ça, sans crier gare. Et évidemment, ça donne envie d’en savoir plus, de connaître le fin mot de l’histoire, de lire la suite. C’est rudement bien joué.

Emily balance aussi à Reeve plusieurs choses de son passé. Des abus qu’elle a pu subir à cause d’autres mecs. Là, pour la première fois du bouquin, on a dénoncé des choses qui n’étaient pas concevables et, pourtant, on a fait pareil dans les 3/4 avant. Violence, consentement bof bof, manipulation, victime qui se place en fautive, séquestration … Reeve qui est un gros fou ne pardonne pas ce qu’un autre a pu faire … sans doute parce qu’on a touché à « son bien ». Je n’arrive pas à cerner ce personnage, mais Emily non plus. Elle joue sur plusieurs plans. C’est une femme mature, qui a vécu des choses difficiles, qui aime le sexe brutal, mais qui accepte tout en se disant qu’elle est « soumise et qu’elle aime ça. » Elle va au-delà du danger, et c’est sympa, mais ses pensées sont souvent dangereuses pour un public qui n’aurait pas de recul. On la fait passer pour une badass qui aime les bad-boy, mais elle est juste inconsciente et pas si maligne (comme trop de personnages féminins qu’on rabaisse à de simples trous) et le bad-boy est juste un homme violent qui devrait finir derrière des barreaux. Il y a trop de plans mauvais dans ce roman, qui le rendent finalement nocif. Les scènes de sexe ne sont pas nécessaires. Elles sont avilissantes, dégradantes et beaucoup trop vulgaires. Je n’en vois pas l’intérêt, dans ce roman. Au final, il fait presque 500 pages mais il doit y avoir 200 pages complètement inutiles.

Vais-je lire la suite pour avoir le fin mot de l’histoire ? Je n’en sais rien. Je suis extrêmement remontée par tout ce que j’ai pu voir de mauvais ici. D’un autre côté, j’ai envie de savoir ce qu’il va se passer, comment tout le monde va réagir, quelles sont les alliances et les trahisons. On nous laisse sur un gros suspens. L’intrigue occupe les derniers chapitres, comme pour nous faire oublier tout ce qu’on a pu voir avant, et nous inciter à lire la suite. C’est un bon coup commercial. Peut-être que je vais chercher les spoilers sur internet, pour m’éviter une nouvelle agonie comme ici. Je suis vraiment excédée de voir qu’on publie encore de telles choses, avec de tels messages.

Je ne vous conseille ABSOLUMENT PAS ce livre. Vraiment pas. Ok, l’intrigue de Amber est cool, et mériterait plus d’attention et de mise en avant, mais vu que ce n’est pas le cas ici, ne perdez pas votre temps. Pour de bons thrillers YA, regardez chez les ME qui en valent la peine, et sinon dans le policier plus adulte. J’ai quelques titres si vous voulez.

En tout cas, merci de m’avoir lu entièrement si vous êtes là ! J’ai craché toute ma haine, sorry … Mais je crois qu’il fallait que ça sorte ! Parce que ça, c’est encore trop commun dans les livres dits New Adult. Et que non, il n’y a pas que des personnes averties, matures, qui savent prendre du recul, qui lisent ce genre de choses. Il y a aussi des adolescents qui se cherchent, des personnes fragiles ou sensibles. Et je pense qu’il faut savoir protéger les gens quand c’est nécessaire.

Des bisous à tous !

4 réflexions au sujet de “First Touch – L. Paige”

  1. C’est bien pour ça que je fuis la romance au possible, c’est éternellement un ramassis de clichés dangereux, sexistes et misogynes ! Je ne comprends pas comment on peut écrire des livres pareils à notre époque. Si c’est pour dénoncer réellement, ok pourquoi pas, mais romancer tout ça ? Oh hell no, c’est clairement pas pour moi !

    Aimé par 1 personne

    1. Non mais clairement, je suis bien d’accord ! C’est super difficile de trouver des bouquins qui dénoncent ou qui sont justes « bons » dans la romance de type « New Adult » …. Enfin bon, une fois de plus, je me suis fait avoir par un résumé en théorie alléchant, en pensant que cette maison avait changé et peut-être évolué … Je me suis trompée sur toute la ligne

      J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s