Nos âmes tourmentées – M. Moncomble

51n0wieLFCL.jpgJe pensais vous avoir fait un article sur le blog pour vous parler de Viens on s’aime mais visiblement ce n’est pas le cas. Cette lecture avait été un calvaire pour moi. Trop cliché, une plume avec laquelle je n’accrochais pas … J’étais terriblement déçue, surtout après avoir entendu tant de bien sur ce livre. Malgré tout, je n’en étais pas étonnée. Je ne me reconnais jamais dans les publications de HR, il en faut beaucoup pour qu’un de leurs livres me plaise, c’est toujours cliché, mal corrigé ou mal traduit, les personnages féminins sont toujours trop faux et mal représentés. Enfin bref. Quand on m’a dit que Nos âmes tourmentées abordait des sujets plus sombres, je me suis dit qu’il fallait que je laisse une chance à ce livre ainsi qu’à son auteure, que j’avais un peu pris en grippe car elle restait dans le cliché du personnage féminin horripilant et la facilité qu’on retrouve partout dans la romance.

Dans ce bouquin, on y aborde des sujets plus difficiles, qui ne seront pas forcément acceptés par tout le monde. L’auteure a mis un petit TW avant le début de l’histoire, ce que j’ai trouvé très bien. C’est rare de le retrouver quand ce n’est pas une dark romance (et encore que même là, ça passe souvent à la trappe alors qu’il est parfois nécessaire d’avertir le lecteur).

J’ai malgré tout commencé ma lecture sans attendre grand-chose. Je suis même partie du principe que je n’allais pas aimer et que ça allait me gonfler. Je suis difficile en romance, et plus encore quand elle n’est pas dark. J’aime les histoires terriblement sombres et les personnages qui s’entraînent sur les mauvaises pentes, qui se font du mal et où ça ne finit pas toujours bien. J’ai besoin de lire ce genre d’histoire, en quelque sorte et bon, ça me rend très critique quand il s’agit finalement d’une romance « simple » et ce, malgré des personnages torturés. Aussi, je n’ai pas mis la barre très haut, malgré les très bons avis que j’ai pu voir passer. J’étais tellement remontée contre Viens on s’aime que c’était impossible pour moi d’imaginer que ça puisse me plaire.

Dès le début de ma lecture, j’ai remarqué des choses qui m’ont déplues. Un personnage qui parle espagnol, mais dont les mots utilisés ne sont pas ceux qui sont réellement employés par les Espagnols ou les Latinos. Des fautes d’accord dans ces mots. Etudiant en Espagne depuis quelques années, j’en deviens vraiment intransigeante quand je vois de l’espagnol quelque part. En dehors de ça vers les 30% du bouquin, une révélation m’a gonflé. Parce que c’était prévisible et surtout parce que c’était immensément cliché (et que c’est un cliché que je déteste plus que tout). Sur le coup, j’ai lâché le bouquin parce que ça m’a soulé. La déception venait d’arriver et même si j’avais envie d’en savoir plus, je trouvais qu’il y avait tant à faire sans avoir besoin de rajouter ce truc-là. J’ai malgré tout continué, et une autre chose m’est apparue, petit à petit. Plusieurs fois il est question d’allusion à la pauvreté et j’ai à chaque fois tiqué sur la façon dont c’était amené. C’est maladroit et je trouve ça presque insultant pour les personnes qui ne vivent pas dans le luxe absolu. Je pense que ça peut les mettre mal à l’aise, d’autant plus que ces remarques n’étaient pas nécessaires, bien au contraire.

Dans le positif, j’ai malgré tout des choses à dire. Le personnage féminin est fort de caractère et de mental. Plusieurs fois, elle glisse dans le podcast qu’elle tient des remarques censées et intelligentes, qui luttent pour le féminisme positif et l’acceptation de soi. Elle donne des clés essentielles pour aller de l’avant, quelque soi le sujet. C’est un discours positif que l’on voit là, notamment sur le fait que les victimes ne doivent jamais se sentir coupable de quoi que ce soit. Généralement c’est bien amené et j’ai trouvé ça bien de le voir par écrit, surtout dans un livre avec de tels sujets. Même si c’est parfois insistant, je pense que c’est important. Parce que certains ont besoin de l’entendre, de le lire. Et Azalée est un personnage comme on n’en voit que trop peu dans les livres. Le discours qui est tenu n’est pas assez présent dans la littérature, alors qu’il est vraiment important. Il est même essentiel, je dois dire, surtout à cette époque où les réseaux sociaux peuvent faire des merveilles comme des choses atroces.

Après mon petit blocage aux 30% de ma lecture, j’ai quasiment tout lu d’une traite. Et plusieurs fois, j’ai eu la gorge nouée, de lire des choses si difficiles. D’être confrontée au courage de Azalée, aux personnages ignobles qui pullulent dans la société. Trop de fois j’ai été en colère, j’ai été prises aux tripes. Et je dois que ce n’est pas un roman que l’on referme en se disant qu’on a passé un bon moment de détente. Parce qu’il donne matière à réfléchir mais surtout, il dévoile des choses dont les gens ne parlent pas. Des choses qu’on ne peut pas forcément comprendre sans l’avoir vécu. Des choses qui nous paraissent parfois futiles et idiotes, alors qu’elles sont essentielles. Ce livre est important et mérite vraiment d’être lu.

J’aurais adoré craché sur ce dernier, parce que je sais que certains attendaient de moi que je casse le mythe. Désolée de vous décevoir, mais ce livre est sans doute l’un des plus beaux titres de chez Hugo Roman. Parce que, enfin, ils se mettent à publier des histoires qui sont différentes mais qui véhiculent les bons messages. On a enfin des personnages masculins qui ne sont pas toxiques, des personnages féminins qui ont des faiblesses mais qui ne se laissent pas submerger pour autant. Alors ok, le combo est peut-être un poil grossier, quand on le regarde sans s’y être vraiment penché. C’est trop, si l’on veut. Mais finalement, je pense que c’est aussi ce qui donne du pouvoir et de la force à cette histoire. Parce qu’au final, si ça reste une histoire, ce n’est pas un conte de fée dans lequel on aimerait se promener. Il dépeint une réalité souvent trop effacée, trop cachée, et avec une belle exactitude. Au final, c’est sans doute bien plus qu’une histoire.

Alors ce livre fera sans doute du mal à ceux qui ne sont pas prêts à lire une telle histoire. Mais il va ouvrir les yeux à tous ceux qui sont un peu dubitatifs, à ceux qui sont prêts à avoir ce bouquin entre les mains. Je ne peux pas, finalement, trouver de véritables points négatifs à cette histoire et je vous présente d’ailleurs mes excuses pour avoir tenté de le diaboliser avant même de l’avoir lu. C’est même un peu bête de souligner les points négatifs que j’y ai glissé, parce que je les ai rédigés avant même d’avoir terminé ma lecture mdr. Mais cette histoire, elle vaut bien plus qu’un a priori. J’en suis la première étonnée, mais vraiment, j’en suis encore bouleversée. Lisez-la, c’est tout ce que je peux vous dire.

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