Pardon – E. Boyer

Après avoir longtemps gardé ce bouquin dans ma PAL, je viens de le terminer. Je vous avoue que j’ai encore du mal à savoir quelle note lui attribuer exactement. Ai-je aimé ou suis-je surprise, telle est la question.

51+rSDa1kpL._SX351_BO1,204,203,200_.jpgPardon, c’est l’histoire de Will et de Sarah, un frère et une soeur, qui se portent des sentiments plus que ceux qu’ils devraient se porter selon les codes. Ce côté tabou m’a justement poussé à lire ce premier bouquin de Erika Boyer.

Etant du genre à aimer le drama et les dark romance, je savais qu’avance que Pardon ne correspondrait pas à ce standard. J’imaginais malgré tout quelques petites choses plus … rocambolesques ? Disons en fait que j’ai retrouvé dans ce roman quelques facilités qui sont propres à la romance et qui ne me correspondent pas.

Un élément m’a d’abord fait tiquer avant de le comprendre dans l’épilogue. Et wa … j’en reste encore retournée parce qu’il y a réellement de la puissance là-dedans. Un concept que je n’avais pas saisi au départ mais qui m’a surpris en refermant le livre. Cela lui confère vraiment quelque chose de très important à mes yeux, c’est presque encore plus important que tout le reste. Réellement, c’est d’une subtilité qui me touche énormément.

J’ai eu un peu de mal avec le rythme de l’histoire qui est pourtant censé, correct, ni trop lent ou trop rapide. Peut-être que c’est à cause de mes récentes lectures, mais j’ai toujours l’impression que les rythmes sont trop … incorrects. Soit le couple est ensemble et veut se marier et vivre ensemble au bout de 7 jours comme dans Stars (et c’est nul), soit ils mettent 110 ans à se mettre ensemble (et c’est relou).

L’auteure a très bien jonglé et a énormément travaillé sur le personnage de Will. Sa construction en tant qu’homme, sa résiliation, son envie de bien faire, de ne pas heurter, puis de vouloir vivre comme il l’entend, se libérant de la pression et de la peur. C’est quelque chose de très présent et de joliment décrit !

Malheureusement pour moi, la magie de Will n’a pas opéré. Je n’ai pas ressenti d’empathie et je crois que c’est quelque chose de très récurrent. Il est effectivement rare que je m’attache aux personnages dont on a le point de vue. Malgré cela, je tiens à signaler que la plume de Erika est très fluide et accessible et qu’une fois plongé dans le bouquin, on le finit très vite et quasiment d’un trait.

En vérité, je crois que mon jugement est totalement biaisé par plusieurs points qui me sont personnels. D’une part, car étant une ancienne dévoreuse de fanfictions sur les jumeaux Kaulitz, l’inceste a déjà été vu et revu dans mes lectures et sous toutes les formes possibles. J’avais même participé à l’écriture à quatre mains d’une histoire là-dessus, et nous avions découpé les tomes par âge. A 13 ou 14 ans, ils découvraient les sentiments qui les reliaient, ils essayaient de tâter le terrain . Et puis, petit à petit, ils commençaient leur relation dans le plus grand secret. Relation qui n’avait jamais été révélée au grand public. Du coup … c’est vrai que j’ai tendance à avoir besoin d’un cadre clos, à vivre dans l’histoire la découverte des sentiments etc.. En fait, le schéma classique du personnage qui découvre qu’il est amoureux, comme dans 99% des romances. J’aime beaucoup trop la découverte des sentiments pour ne pas pouvoir la lire mdrr.

Deuxièmement, rien ne semble me satisfaire depuis un petit moment. Depuis que j’ai terminé la saga auto-éditée de Camille L – dégradation – j’ai l’impression d’errer de livres en livres. J’ai envie de romance alors que je suis la première à avoir un truc à redire à chaque fois. Je suis un paradoxe total.

Egalement, c’est stupide, mais les histoires qui se passent en France me laissent une certaine gêne. Je crois que j’ai tant besoin de voyager et de ressentir à travers mes lectures que j’aime lorsque ça se passe hors du pays dans lequel je vis. Ce qui est quelque chose de débile, j’en conviens, mais qui est également un point qui fait que.

Enfin, pour finir : j’ai du mal avec les romances hétéro. Ce n’est pas nouveau, les romances MxM me transportent beaucoup plus que les romances hétéro.

En bref, je ne sais toujours pas quoi penser de ma lecture. Une chose est sûre : j’ai envie de tenter les autres histoires de Erika Boyer, parce que sa plume a quelque chose de particulier et que j’entends tant d’avis positifs sur « Sous le même ciel » et « Le langage des fleurs » que je veux tester ça . J’ai aimé « Pardon » et je pense que les éléments qui me sont propres ne m’ont pas permis d’apprécier cette lecture à sa juste valeur.

Malgré tout, je vous la conseille totalement, parce que c’est un petit brin de soleil et d’espoir. Et, si vous n’êtes pas initiés dans le genre incestueux mais que vous êtes curieux, Erika a la plume qu’il vous faut. Parce qu’il n’y a rien de sale dans l’histoire entre Will et Sarah et parce que l’auteure sait exactement trouver les mots qu’il faut pour cela.

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